Matt se frotte les mains par avance, certain de son fait. Le Chevalier Blanc ne semble pas impressionné par l’assurance de son rival et scrute Jen d’un air appréciateur. Votre amie, peu sensible à toute cette attention, fait craquer ses doigts avec une attitude qui vous rappelle bien plus Bruce Lee qu’une demoiselle en détresse.

Le Chevalier Blanc est le premier à dégainer verbalement.
— Mademoiselle Jen, d’amour vos yeux me font mourir. Pour vous, je parcourrai des mers déchaînées, j’affronterai moult dragons, je pourfendrai sorciers maléfiques et bêtes infernales.
— Jen, t’es bonasse, je te kiffe, réplique Matt.
— Mademoiselle Jen, reprend le galant en blanc, que mon amour pour vous brille au firmament pour devenir l’étoile qui guidera tous les amoureux du monde.
— Jen, je… euh… je t’ai déjà dit que je te kiffe ? Bah, de toute façon, je suis ton pote alors on s’en fout.

Le Chevalier Blanc s’interrompt et contemple son adversaire avec mépris.
— Je n’ai rien à craindre d’un homme qui ne sait, à ce point, pas parler à une demoiselle. Les rustres n’ont pas leur place ici.

Matt reste interdit. Il se contente de répéter qu’il est ami avec Jen et que ça devrait suffire.
— Mademoiselle Jen, quel est le vainqueur du duel ? demande le Chevalier Blanc.
— Matt… tu es trop nul. Je peux pas… je peux pas dire que tu as été meilleur.
— Mais, c’est pas possible ! Jen, allons.
— Le vainqueur est le Chevalier Blanc, annonce impitoyablement votre amie.

La tête basse, incrédule, Matt accueille la sentence avec consternation. Tout comme vous. Le Chevalier Blanc réclame la preuve de sa victoire, un baiser de la belle. La mort dans l’âme, Jen s’exécute.

Le vainqueur vous salue bien bas et quitte la salle de classe. Le prof de maths annonce la fin du cours et vous invite à faire de même.

Rendez-vous au 190.

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