« Félicitation ! Je suis tellement fier de toi ma princesse. »
C’était le moment de festivité où les diplômés de l’université d’Anchorage célébraient avec toute leur famille à l’arrière du géant établissement. Anchorage, au sud de l’Alaska, était la ville la plus peuplé du pays. La ville était radieuse et permettait un panorama à en couper le souffle, car elle se situait au centre des alpes.
Pete serra dans ses bras sa belle grande fille qui, elle, était garni d’une longue toge bleue marine. Son frère, lui, vêtu d’un chic costard noir, fit de même tout juste ensuite. « Belle que tu es Jojo, ce furent de longues années d’efforts et tu as passée au-delà.» Il lui déposa un baiser sur le front. « Comptes-tu revenir à la maison maintenant ? Je vais bientôt ouvrir mon garage! » David regarda sa sœur et son cœur se débattait. « J’y compte bien, il va encore me falloir des mois pour trimballer mes objets. » Elle lui décocha un regard coquin. « Tu m’as tellement manquée David, c’était trois longues années sans vous voir tous les deux.» Elle fit une courte pause et l’enlaça de ses courts bras.
« Allez, assieds-toi, ça va bientôt être le temps des remises de diplômes.»
Par la suite, Joyce, David et leur père prirent chacun un siège devant la scène.
« Bienvenu, mesdames et messieurs, aux remises des diplômes.» Le directeur regarda son entourage souriant à pleine dent. « Merci de votre présence, parents et familles, à célébrer aujourd’hui un jour merveilleux pour vos jeunes tout aussi brillant les uns que les autres. Ce jour est l’ouverture d’une porte grandiose qui, dès lors, cachait un monde vaste en opportunité. Maintenant que celle-ci est ouverte, profitez-en. Prenez conscience, mes braves finissants, puisque aujourd’hui vous avez réussis cette étape, vous avez le pouvoir de vous mener encore plus haut et toujours plus haut, car la vie, cette vie que l’on redoute tout jeune, est infini. Soyez fiers, chacun d’entre vous, de ce que vous avez accompli. C’est maintenant le temps de jeter ce que vous étiez et de continuer avec le vous amélioré. » Il déposa son texte et en prit un autre. Tout en levant les yeux vers la foule, le grand directeur mulâtre dit « Au tour des remises de prix. »
David chuchota quelque chose à l’oreille de sa sœur. « Tu vas être la meilleure élève, j’en suis sûr et certain ! » Joyce le dévisagea et montra de son incertitude. Son frère continua quand même. « Eh bien, tu ne sais même pas reconnaître à quel point tu es doué.» Il se retourna vers la scène.
Au cours des années d’études entreprises par Joyce par le passé, elle avait montré quelques signes portant à dire qu’elle était hautement supérieure à la moyenne. Nombreux ceux qui l’appelait le génie ou même la virtuose du mental. Cependant, celle-ci ne voulait nul y croire et persistait à penser qu’elle fut comme tous les autres. Pourtant, plus jeune encore, les gens s’intéressaient tous par sa vivacité d’esprit. Son frère à elle l’admirait plus que quiconque. On aurait pu dire qu’il était follement amoureux.
L’ambiance fut jouissante, les rires et les sourires se croisèrent par des photos et des danses.
« Oh oh, allez, du calme à tous. Nous n’avons pas fini. » Le directeur tapa sur son micro, la liste des gagnants en main. « Par où commencer ? » La pause dura moins d’une seconde. « Tout d’abord, ici se trouve de talentueux élèves, vous en êtes tous. Malgré, je devais qu’en choisir trois…»
– Il a toujours été autant redondant ce directeur ?
– Il est réputé pour ses savants discours. C’est en même temps un directeur, un écrivain et un journaliste assorti. C’est un peu possible qu’il en rajoute et en rajoute tout le temps. Ah oui et il faisait des conférences, donc, côté narration; il est à son avantage.
– Tu as de l’admiration pour lui Jojo ?
– Pour tout homme bon et généreux dans ce monde, oui. C’est lui qui me soutenait dans mes mauvaises périodes. Il a toujours su quoi dire pour me remonter le moral. C’est un homme brillant et je le respecte.
– Tant mieux… Et je suis content que tu ailles bien. Je me suis beaucoup inquiété. »
Joyce finit la discussion par un joli sourire.
Le directeur avait déjà présenté deux des élèves quand il prononça le nom du troisième.
« Pour conclure, j’aimerais que l’on félicite tous la grandiose Joyce Swanson. Une élève des plus incroyables doté d’un don pour la science environnementale.» Les gens applaudirent tous, debout et sourire à la bouche, Joyce, qui elle, se leva le teint tout rougît par les acclamations. Elle monta sur l’échafaudage de bois portant nom de scène après s’être faufilé de ranger en ranger.
David la regardait s’aventurer parmi la foule. Il ne la lâcha pas de vu, pas un moment. Il la trouvait si radieuse; ses courts cheveux blonds et bouclés lui cascadaient jusqu’à ses fines épaules dressés sous une nappe bleu marine qui lui longeait parfaitement les hanches. Elle était toujours pleine d’enthousiasme. Elle avait de beaux yeux verts réjouies et scintillants. Son allure se portait parfaitement à une femme mûrie. Pour lui et sans aucun doute, c’était l’incarnation du Parfait. Il était assis et écoutait passionnément.
« Silence, silence… merci ! Que dire de cette femme. Joyce, qui est pour moi une lueur de Dieu. L’espoir pour nos avancées scientifiques, nos découvertes, pour nos solutions contre les problèmes majeurs de cette Terre et j’en dirai d’avantage. Je n’exagère nullement sur ce que je perçoit de celle-ci.» Il la regarda et elle fit de même toute émue. « Cette femme que vous voyez ne vient pas d’une autre planète. Les difficultés lui ont barrées la route bien assez souvent. Pourtant, grâce à son acharnement aussi vorace qu’un fauve, elle passa au-travers. Son courage et son effort lui ont été récompensé grandement. La réussite se forge lorsque l’on ose prendre les outils. Joyce est l’exemple idéal pour rendre image cette citation.» Les acclamations retentirent, et de plus en plus fort.
Pete pleurait, et David était envoûté.
« Joyce! Joyce ! Joyce !» Crièrent-ils tous. « Et voilà, ton diplôme, la clef de ta destinée.»
Joyce prit le rouleau dans sa main droite et de sa main gauche serra la poigne du directeur mulâtre. Elle fit signe de gratitude avec sa tête. Une boucle dorée lui tomba sur le front et s’en dégagea aussitôt, puis, essuya une larme qui coulait sur sa joue poudrée. Elle redescendit rejoindre sa famille et ses amis.
***
Les montagnes se fondaient dans un bleu sombre tandis que s’éparpillait un peu partout les dernières lueurs rosées du soleil. Ce fut un agencement violacé stupéfiant. Il n’y avait, sur les sommets, que la neige qui gardait son éclat argenté. D’épais sapins assombries cernait le pied des rocheuses. Anchorage était au milieu de la nature. Les montagnes et les eaux l’entouraient. Le soleil au-dessus fit ressortir la beauté de la ville grâce aux rayons cristallins.
Plus haut, beaucoup plus haut, la famille Swanson s’envola pour Fairbanks. Après ses études, Joyce finit par décider de revenir chez elle. C’était une ville qu’elle adorait par-dessus tout et l’endroit dont elle inspirait le mieux pour son avenir.
En quittant Anchorage, la jeune femme regarda par le hublot; la ville semblait toute petite comparée des alpes qui l’entourait. La mer miroitait grâce aux rayons matinaux. Elle sourit largement et se revira pour s’accoté contre son frère à ses côtés.
« Ça va te manquer ?
– Plus ou moins.
– Repose-toi maintenant, nous en avons pour une bonne heure. Que nous viennes le beau temps, ça me fou une peur bleu les avions.
– Ouuuuh, toi avoir peur, c’est surprenant. J’espérais tout de même que ça ne soit pas de ça, mais je m’étais trompée on dirait.
– Oh, c’est bon, tais-toi.» Il lui décocha un petit sourire en coin.
Joyce s’était endormi tout juste après la réponse de son frère.
Après chaque secousse, ses yeux s’ouvrirent. Toujours accoté au hublot, elle entrevit les géants pics de roche et de glace qui transperçaient la fine couche nuageuse.
Elle repensa aux événements précédant lorsqu’elle se trouvait à Fairbanks avec… Carol.
L’idée de la revoir lui donnait des nausées. Elle espérait son absence dans la ville.
Ce qui était arrivé ensuite fut bien pire. Joyce, toute jeune, fut confrontée à un trouble de la personnalité causant en elle de l’irritabilité constante, suivi d’humeur instable et d’une difficulté relationnelle. Vers 15 ans, elle s’enfonça plus profond et perdit même espoir. Son père, sachant la santé de sa fille en péril, décida de lui organiser un petit séjour dans la nature à chasser et à pêcher. Ceci lui redonna un brin joie de vivre et, celle-ci profita pleinement de cette sortie.
Puis, elle prit goût à la musique. Conseillé par son médecin, la musicothérapie pouvait la soignée. Ce qu’elle fît, alors, ce fut de jouer et de détruire ses pensées ravageuses par la voie des sons. Elle sut donc ce qu’était ses passions.
Plus le temps coulait, plus ses esprits s’adoucissait, plus elle se sentit mieux et calme. Joyce venait de passer au-delà quand elle fut obligée, à l’âge de 22 ans, de quitter Fairbanks et sa famille pour l’université. Le stress embarqua aussitôt et elle fut prise de crise d’hystérie à nombreuses reprises dans son appartement à Anchorage. Elle fut soumise à maintes pertes de contrôle émotionnel. Cependant, avec la force mentale qu’elle s’était construite, elle avait la possibilité de passer au travers facilement.
Et finalement, au terme de son parcours universitaire, plus rien ne pouvait l’ébranler.
Son frère, pour sa part, eut beaucoup moins de difficulté à passer à travers, il comprit bien vite qu’il n’aurait plus à revoir ce monstre et que tout ceci n’était que passé. Son seul regret a été de ne point faire pour protéger, aider et défendre sa sœur bien-aimée.
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