Lana tremblait de froid malgré la présence de Youna. Son sang paraissait tiède et sa peau glacée. Elle ignorait où elle se trouvait, pour quelle raison, aussi une peur sans nom la submergea.
— Non, non, non, murmura Youna.
Elle sentit qu’on la prît par les épaules. Curieusement, ce geste presque tendre ne la rassura pas, car elle discerna autre chose dans ce contact, une indécision à peine perceptible. Quoi qu’il se passât à cet instant précis, Youna redoutait un évènement ou peut-être quelqu’un. Les propos apaisants qu’elle tenait confortaient d’ailleurs Lana dans son hypothèse. Sans savoir pourquoi, elle se sentait très proche de Youna sans pour autant la connaître. Ancienne danseuse, sa personne entière exhalait la solitude.
— C’est normal que tu aies un peu froid. Anton m’a expliqué que…
— Anton ? Il est ici ?
— Non.
— Qui est-ce ?
— Un… ami. Il nous héberge.
— Tu veux dire… qu’il nous cache ?
— Pas du tout.
Youna ne haussa pas le ton, mais le durcit.
— D’accord, se résigna Lana. Mais je crois que tu mens.
Il y eut un silence laconique.
— Pour me protéger, compléta-t-elle.
L’étreinte de Youna ne se fit pas attendre.
— Doucement ! protesta son amie. Tu m’étouffes.
L’enlacement ne s’éternisa pas.
— Nous devons parler, Lana. Il faudra que tu me rapportes tout ce qui te passe par la tête. Simple routine, ne t’affole pas. Et bientôt, nous te poserons des yeux. Avant de partir.
Comment ça ? Elle ne se sentait pas forcément à sa place, ici, dans cet endroit dont elle ignorait tout, jusqu’à la disposition du mobilier, mais pas mal non plus. Pourquoi Youna tenait-elle à quitter ces lieux ? Et Anton, dans tout ça ?
La jeune femme dut deviner ses inquiétudes, car elle s’empressa d’ajouter une remarque.
— Je te détaillerai tout dès que j’en aurai le temps… et l’opportunité.
Lana acquiesça, mais avancer à l’aveuglette ne l’emballait pas.
68