Le manoir était bien plus grand que ce que Jarren et Lila avaient supposé depuis le portail. Une fois à l’intérieur, ils suivirent leur hôte à travers les corridors, et prirent place au premier étage, dans un salon richement décoré. Au-dessus de leurs têtes se jouait l’une des plus célèbres scènes de la Genèse : la création d’Adam. Il s’agissait à n’en point douter d’une copie de l’œuvre de Michel-Ange, pourtant cette reproduction particulièrement minutieuse présentait un oubli majeur. Alors que la peinture originelle affichait Ève sous le bras gauche de Dieu, cette imitation presque parfaite l’avait sciemment omise.
D’autres tableaux naturalistes ornaient les riches tapisseries des murs, et tous sans distinction évoquaient des épisodes de la Bible. Immanquablement, Ève n’y figurait pas.
Déjà embarrassée par l’insolence de Jarren, Lila-Rose ne pouvait que se sentir un peu plus mal à l’aise devant l’absence délibérée de représentation féminine.
D’un geste ample, Louis les invita à s’asseoir sur un divan en velours bordeaux, brodé de fils d’or. Le bois de l’armature paraissait vieux de plusieurs siècles, mais sa très haute qualité avait permis une parfaite conservation.
Au coeur de ce Versailles miniature, le maître des lieux s’installa dans son fauteuil et croisa les jambes. Un coude nonchalamment posé sur l’accoudoir sculpté, il examinait les deux intrus.
— Je vous remercie de nous accueillir, engagea la jeune fille en s’inclinant poliment.
— Je vous remercie de me l’avoir proposé.
Déstabilisée, Lila baissa humblement les yeux.
— Elle n’y est pour rien, intervint Jarren. Elle n’était même pas au courant pour la cause de l’accident…
Malheureusement, prendre parti pour sa belle ne le dispensa point d’un regard courroucé de sa part. Et le silence de Louis n’allait pas le sauver de la mise au point qui lui pendait au nez. Comme pour le sauver de cette situation, une silhouette apparut dans l’embrasure de la porte.
— Il me semblait bien avoir entendu de nouvelles voix. J’ai eu raison de prévoir plus de tasses.
— Rain ? demanda Jarren.
Avec un sourire adorable, le jeune garçon rencontré à l’hôpital acquiesça avant de se tourner vers le maître des lieux.
— On dirait que mon thé et mes petits gâteaux tombent à pic.
— Effectivement.
Lila-Rose observait Louis avec attention. Cet homme, qui n’avait rien fait pour alléger l’atmosphère, semblait se détendre en présence de Rain.
Une fois les invités servis, le garçon prit place aux côtés de son tuteur et lui tendit une tasse. Il avait troqué son style punk pour une chemise à jabot blanche et un pantalon de cuir noir, surmonté de hautes bottes à lacets. Cette tenue le rapprochait de celle de son précepteur qui, s’il avait suscité des sourires à l’hôpital, ne jurait point au milieu de cette décoration venue d’un autre siècle.
Loin de trouver ce genre vestimentaire ridicule, Jarren se sentait toutefois propulsé au cœur d’une époque qui lui était totalement étrangère. Confus, il tenta maladroitement de complimenter l’accoutrement du Japonais.
— Ça… change de la dernière fois.
Les yeux fermés, le temps d’apprécier le goût savamment dosé de l’infusion, Louis s’autorisa un mince sourire.
— Merci ! s’exclama Rain. J’adore ce corps, il me permet tellement de fantaisies.
Jarren lutta intérieurement pour ne pas recracher sa propre gorgée de thé et avala de travers. Bousculée par la quinte de toux de son compagnon, Lila renversa du thé sur son écharpe et balbutia :
— Je… je suis désolée.
Dépitée, elle ôta son écharpe et remercia Rain quand il lui tendit un mouchoir en tissu. Pendant qu’elle tamponnait son pull perlé de thé, le garçon lui servit une nouvelle tasse.
— Veuillez excuser le registre particulier de mon élève. Il lui arrive encore de traduire mot à mot des expressions coutumières de notre langue natale.
Une certaine contrariété se lisait sur le visage du quadragénaire.
— Il n’y a rien à excuser, ses propos n’étaient pas offensants, rassura Lila-Rose.
— Quelles sont vos questions ? s’enquit Louis, qui masquait de moins en moins son impatience. Il me semble avoir saisi que cette visite n’est ni courtoise, ni désintéressée.
Jarren inspira profondément pour se concentrer.
— C’est un peu compliqué… commença-t-il maladroitement. Depuis cet accident, j’ai l’impression de ne plus rien maîtriser.
— Si j’en crois vos paroles devant le portail, vous avez fait une rencontre peu recommandable.
Visiblement, cette phrase avait beaucoup contrarié Louis, pour qu’il l’évoquât de cette façon. Il y avait d’ailleurs fort à parier que Jarren ne devait son droit d’entrée qu’à ces propos fidèlement répétés. L’impression de tenir l’attention de l’adulte lui procura une certaine satisfaction, et il ne put s’empêcher d’en jouer, peinant à masquer sa jubilation :
— J’y reviendrai plus tard.
Le froncement de sourcils qui lui fut adressé en retour signa sa plus belle victoire face à l’homme blond.
— En fait, c’est la première fois que j’arrive à dire ce qu’il s’est réellement passé, la semaine dernière… À chaque fois que…
Il hésita un instant. Avouer qu’il avait été sujet à des visions n’était peut-être pas judicieux. Cela risquait de le décrédibiliser lorsqu’il évoquerait le phénomène paranormal auquel il avait assisté la veille.
— À chaque fois que vous vouliez en parler, vous étiez hanté par son regard ? murmura Rain.
Il avait mis des mots sur la pensée secrète de Jarren, sans même sembler dérangé par la portée particulière de sa phrase. Du bout de l’index, le garçon caressait le rebord doré de sa tasse, parfaitement serein malgré les trois paires d’yeux braquées sur lui.
Désabusé, Louis secoua la tête avant de soupirer.
— Quel tact.
— Pardon… bredouilla le Japonais avant de reporter son regard sur Jarren. Veuillez m’excuser, je vous ai interrompu.
— Je… ce n’est pas grave…
En réalité, cette intervention l’avait totalement déstabilisé.
— Et si tu m’expliquais ce qu’il s’est passé, Jen ? proposa Lila-Rose pour l’aider à reprendre le fil de ses pensées.
— En rentrant chez mes parents, j’ai vu un loup au milieu de la route. J’ai ralenti pour le laisser partir mais il s’est jeté sur le capot. J’ai eu la trouille de ma vie et j’ai braqué… C’est comme ça que je suis tombé dans le fossé.
La jeune fille restait stoïque. Bien que le souvenir de son petit-ami sur une civière lui glaçait encore le sang, elle faisait son possible pour garder un esprit pratique. Ce qu’on lui retranscrivait à propos du comportement de l’animal ne ressemblait en rien à ce qu’elle avait pu étudier auparavant.
— J’ai voulu me dégager mais le loup m’a poursuivi et…
Jarren leva un regard en direction du Japonais qui avait eu le cran d’affronter le prédateur déterminé.
— … et Rain s’est interposé à ce moment-là.
Le garçon haussa les épaules dans une attitude embarrassée.
— Je n’ai fait que le tenir à distance, avoua-t-il en glissant un regard reconnaissant envers son tuteur. C’est à lui que vous devez votre salut, Jarren.
L’idée de se sentir redevable envers Louis plaisait beaucoup moins au jeune homme.
— Tu as quitté le véhicule avant même que je ne me décide à ralentir, Rain. Je n’avais d’autre choix que celui de me mêler à cette histoire, fit remarquer l’Eurasien, un sourire cynique étirant ses lèvres fines.
Le garçon balbutia une excuse maladroite et plongea le nez dans sa tasse. Jarren l’imita et apprécia l’arôme du thé vert qui leur avait été servi.
— Il est un peu plus amer que celui de ta mère, releva-t-il en regardant sa petite-amie. Il a été fabriqué selon la tradition japonaise ?
Cette remarque ne manqua pas de surprendre Louis. Nul doute que venant de l’Américain, il ne s’attendait pas à de telles notions sur l’art du thé.
— Seriez-vous plus subtil qu’il n’y paraît ? glissa-t-il innocemment.
Jarren accusa la remarque sans broncher, conscient de l’image insolente renvoyée un peu plus tôt. À ses côtés, Lila-Rose dissimulait un petit rire discret derrière son poing.
— Pardonnez-moi de revenir là-dessus mais… qu’est-ce qui peut justifier un tel acharnement ? questionna Lila, incapable de réprimer plus longtemps sa curiosité d’apprentie vétérinaire. Jen, tu n’as parlé que d’un seul loup… Tu es certain qu’il n’y en avait pas d’autres avec lui ? Déjà que j’ai du mal à imaginer un animal s’attaquer à une voiture en mouvement…
Jarren secoua négativement la tête.
— Pas que je me souvienne…
— Je l’ai entendu appeler les siens en renfort, mais sur le moment il était seul, témoigna Rain en posant son regard sur la jeune fille.
— Quant à la question portant sur l’acharnement de cet animal, je pense que nous n’aurons jamais la réponse, conclut Louis d’un ton sans appel.
Gênée de voir sa curiosité ainsi balayée, Lila-Rose se perdit dans la contemplation de la théière en porcelaine. La vapeur s’échappait du bec en col de cygne et s’accaparait toute son acuité. Les réactions du prédateur, dépeintes à travers les yeux de Jarren, ne ressemblaient en rien à ce qu’elle avait pu observer durant ses stages en réserve naturelle.
— Tu voulais leur raconter ce qui t’est arrivé hier, Jen, rappela-t-elle gentiment pour rompre le fil de ses pensées.
Son ami grimaça. Bien que certain de ne pas souffrir d’hallucination, il n’était plus très sûr de vouloir leur narrer sa mésaventure.
— Hier soir, j’ai croisé quelqu’un à Ann Arbor, commença Jarren. Je l’avais déjà vu à l’hôpital. Un homme aux cheveux longs, la trentaine… Il avait un accent russe. Il avait l’air blessé donc je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide.
Il s’interrompit un instant, le temps d’observer Louis et Rain. Si le visage de l’adulte s’était simplement fermé, celui du petit Japonais avait perdu plusieurs tons de couleur.
Silencieuse, Lila ne semblait guère plus rassurée.
— Il était… bizarre… Il a dit que Rain avait trahi son sang en prenant ma défense…
Louis se concentra un instant sur son élève, les sourcils froncés par l’appréhension.
— Vous m’avez sauvé la vie, et j’ai une dette envers vous, avoua l’Américain. Ce type n’a pas l’air de vouloir en rester là. C’est pour ça que j’ai insisté pour entrer…
— Et je vous remercie de nous avoir prévenus, répondit le maître des lieux en se ressaisissant. Je suis navré de vous savoir mêlé à de vieilles querelles.
Il semblait sincère. Sans paraître plus chaleureuse, son attitude n’était plus marquée par le mépris manifeste au début de cette entrevue.
— D’ordinaire, je ne m’occupe pas des affaires des autres, mais là… je me sens concerné par le reproche fait à Rain. Est-ce que ça veut dire qu’il aurait dû laisser ce loup me tuer ?
Silencieux depuis un long moment, le jeune Japonais posa sa tasse sur la table et joua nerveusement avec ses doigts.
— Je n’ai pas senti sa présence, ce soir-là… Comment peut-il être au courant ?
— Il y a autre chose encore, se risqua Jarren, un peu hésitant. Ce type, dans la rue… En fait, quelques secondes avant, c’était… un gros chien.
Comme il l’avait redouté, il récolta un haussement de sourcil de la part du tuteur et de son cadet. Ces derniers s’échangèrent un regard, puis Rain se mit à pouffer.
— Un gros chien… répéta-t-il, amusé.
Incapable de réprimer plus longtemps un sourire alors que son élève gloussait à ses côtés, Louis murmura calmement :
— S’il vous entendait, cela lui donnerait raison de plus de souhaiter votre mort.
— Vous pensez que j’ai halluciné ?
— Oh, je n’ai pas dit ça. Je riais parce que cet homme-là n’aime… vraiment pas… les chiens.
Rain s’était aussitôt repris, inquiet à l’idée d’avoir pu vexer Jarren. Avec un sourire simple mais sincère, il ajouta gentiment :
— Quoi que vous ayez pu voir, il y a forcément une explication.
Jarren dévisageait le jeune garçon. Rien qu’en l’écoutant parler, un sentiment d’apaisement se propageait en lui.
— La nuit ne va plus tarder. Il serait plus prudent de rentrer chez vous dès maintenant, déclara Louis en décroisant les jambes.
Il était délicat de s’imposer plus longtemps. Acquiesçant simplement, Jarren se leva du canapé et tendit une main pour aider Lila à le suivre. Ce geste galant n’échappa point au regard attentif de leur hôte. Finalement, l’éducation de l’Américain méritait peut-être d’être reconsidérée.
— Je vais vous guider jusqu’à la porte, se proposa le petit Japonais avec un sourire doux.
— C’est sûr qu’avec tous ces couloirs, il y a de quoi se perdre, commenta Jarren sur le ton de la plaisanterie.
Manifestement décidé à ne pas les raccompagner, Louis se contenta de leur adresser une signe de tête pour les saluer.
Alors que le couple lui emboîtait le pas, Rain leur faisait la conversation au milieu de ce défilé de couloirs. Ses sujets de discussion évoquaient la décoration intérieure du manoir, l’authenticité des poignées de porte, l’entretien des voûtes peintes et des tapisseries. Une fois dehors, le garçon brun leva les yeux vers le ciel couvert. Il se frotta frileusement les bras, pris d’un frisson sous sa fine chemise blanche.
— Le temps s’est rafraîchi depuis hier.
— Ils ont annoncé de la neige pour les prochains jours, confirma Lila-Rose en souriant.
Jarren levait le nez à son tour pour contempler l’homogénéité des nuages au-dessus d’eux. Alors qu’octobre gravait dans les mémoires le souvenir poétique d’un camaïeu mordoré digne des plus beaux poèmes, novembre se drapait d’un voile gris, s’accordant le titre du mois le plus déprimant de l’année. Au moins, en décembre, un esprit festif venait égayer les paysages uniformément blancs du Michigan.
Sans aucun fil conducteur pour maîtriser ses pensées, il souvint du roman rangé dans son sac. Il s’empressa de le saisir pour le rendre à son propriétaire.
— Oh, merci, murmura le garçon en cueillant son livre à deux mains.
— C’est à moi de te remercier. C’était vraiment un chouette bouquin.
Rain lui sourit, ravi par le compliment.
— Mon maître ne partage pas vraiment mes goûts littéraires. Cela me fait très plaisir que vous ayez apprécié ce titre.
— Je ne veux pas paraître malpoli, mais j’ai l’impression que vous n’avez pas grand chose en commun, toi et ton maître…
— Jen, tu parais quand même malpoli, quand tu dis des choses comme ça, grinça Lila.
— Désolé…
Loin de regretter ses paroles un tantinet moqueuses, Jarren souriait de toutes ses dents. Rain s’accorda un petit rire discret. Le duo atypique qu’il formait avec son tuteur lui convenait parfaitement, mais ce n’était pas la première fois qu’on lui évoquait leurs comportements radicalement opposés.
Lila-Rose glissa une main délicate autour du bras de son petit-ami.
— Il faut rentrer, Jen…
— Soyez prudents sur la route.
Jarren se crispa sensiblement. Cette phrase ne sonnait plus de façon anodine à ses oreilles, malgré l’innocence évidente du garçon. Avec un sourire, il acquiesça et enlaça Lila par les épaules, avant de se diriger vers le portail, trois cents mètres plus loin. Rain les salua une dernière fois, puis ferma la lourde porte d’entrée et regagna le salon à l’étage.
Louis se tenait à la fenêtre, immobile, le visage fermé. Sans un mot, il observait le couple emprunter le sentier qui traversait son immense domaine. Le tintement du service en porcelaine résonna sur le plateau en fer blanc, l’incitant à poser les yeux sur son disciple. Malgré sa grande discrétion, le petit Japonais avait rompu ce silence parfait.
— Cette rencontre s’est mieux terminée qu’elle n’a commencé, n’est-ce pas ?
— C’est vrai. Cependant…
L’homme dirigea à nouveau son regard vers la voiture qui démarrait au loin. Les propos de l’Américain passaient en boucle dans sa tête.
— J’aurais souhaité que ton congénère fasse preuve d’un peu plus de discrétion…
Tête basse, Rain saisit le plateau et quitta le salon.
•••
Le ronronnement du moteur en guise de fond sonore, Jarren fixait la route. Les nuages hermétiques dans le ciel n’avaient pas laissé le soleil déployer ses rayons crépusculaires. La nuit était tombée trop vite, et il regrettait de ne pas avoir repris le volant plus tôt.
— Tu as eu des réponses à tes questions ? demanda Lila.
Plus vigilent qu’il ne l’aurait été en agglomération, le jeune homme ne quittait pas l’asphalte des yeux.
— Pas vraiment… répondit-il, un peu morose.
Une main réconfortante se posa sur son épaule.
— Ça va, ne t’inquiète pas, assura-t-il en se redressant un peu plus sur son siège.
— S’il n’y a pas de réponse, c’est peut-être que la question n’a pas lieu d’exister…
L’esprit cartésien de la jeune fille formait l’une des bases de leur relation. Cet ingrédient, essentiel à l’équilibre de leur couple, tempérait le caractère fort de son petit-ami. Tout le monde s’accordait à définir Jarren comme quelqu’un de dynamique et exubérant, mais jamais il n’avait laissé son imagination prendre le pas sur la réalité. Qu’il ait pu concevoir si facilement cette scène comme étant réelle ne lui ressemblait pas.
— Par contre, je pensais qu’ils t’auraient un peu plus taquiné quand tu leur as parlé de ton hallucination, commenta Lila-Rose avec un sourire.
— Ha ha ! Stratégie asiatique ! Pour conquérir le monde, ne jamais froisser orgueil de honorable blanc ! caricatura Jarren en prenant un accent nasillard.
Le coup de poing partit aussitôt. Dans un éclat de rire, le jeune homme replia le bras pour se protéger de la riposte chinoise. Lila elle-même avait du mal à rester sérieuse, mais elle comptait bien laver cet affront en défendant l’honneur de son pays.
La chamaillerie dura une dizaine de secondes, libérant les deux amoureux d’un poids sur le cœur. Ces derniers jours, Jarren s’était senti prisonnier de son secret, incapable de le confier à ses proches. Rendre visite à ses sauveteurs ne lui avait peut-être pas apporté les réponses souhaitées, mais cela avait permis à la vérité d’éclater au grand jour. Cet aboutissement suffisait à le libérer du sentiment d’oppression qu’il traînait depuis son séjour à l’hôpital.
— Ça te dit de rester à l’appart, ce soir ? proposa-t-il à Lila-Rose.
Avec un sourire radieux, elle hocha la tête.
— Avec plaisir, j’envoie juste un message à mes parents.
Et tandis qu’elle pianotait quelques sinogrammes sur son portable, les lumières d’Ann Arbor s’allumaient au loin, soutenant la ville dans sa lutte contre l’obscurité persistante de la nuit en approche.
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