L’astre du jour avait décrit maintes fois sa course ardente dans les cieux sans qu’Asphyx ne parvînt à se débarrasser du marteau de nain. Si petit fût-il, il lui causait moult embarras. Le fait qu’il devait mâcher et remâcher sa pitance jusqu’à ce qu’elle fût assez liquide était le plus mineur d’entre eux. L’insidieuse douleur qui se diffusait entre ses crocs était d’une tout autre ampleur. Et Sa Princesse en profitait pour se gausser de lui à la première occasion, bien qu’elle prétendît ne se soucier que de son bien-être. Proposer de lui préparer du potage aux légumes afin de soulager ses « pauvres petites quenottes » fut ce qui généra son ire la plus violente. Ire qu’il ne put décharger que contre quelques stalactites irrévérencieuses, car autre désagrément, cette vile engeance de marteau obstruait l’ouverture d’un de ses conduits de graisse inflammable. Il ne pouvait donc cracher le feu sans risquer de s’échauder plus que de raison, gorge et langue.
Il s’était bien risqué à déloger l’arme importune en usant de son cure-dents – épée que lui avait léguée ce preux chevalier tout d’armure vêtu. Mais il n’était parvenu qu’à se meurtrir les gencives.
Il avait même renoncé à cette grave décision prise jadis. Celle, mûrement réfléchie, de ne plus se servir de ses crochets lance-acide. Il fallait dire que les proies qu’il tuait ainsi avaient un goût de viande avariée. Il pouvait bien s’évertuer à viser des points précis de ses jets corrosifs, invariablement cette saveur de chair putride s’étendait à l’ensemble de la carcasse. L’âcre liquide devait se diffuser par le sang. Mais en ce qui concernait son problème, les gargarisassions à l’acide n’avaient eu aucun effet sur cet irritant marteau. Un savant mais exaspérant forgeron nain avait dû le fondre dans quelque alliage métallique à toute épreuve.
Puis, dans l’ordre ô combien naturel des choses, vint inéluctablement une tentative prophétique de Sa Princesse. S’étant finalement sentie coupable de ne pouvoir le secourir, elle avait passé ces derniers jours à provoquer de courtes siestes dans l’espoir qu’une vision vînt lui porter la solution. Cela justifierait également le fait indéniable qu’elle n’avait pas à souiller ses « si belles et fines mains qu’on eût dit façonnées de porcelaine, dans de la bave de dragon ! »
Elle était tout de même venue le quérir un matin, sous prétexte que ses songes l’avaient entretenue en secret sur la manière de procéder :
— « L’ingrat vert annoncera la fin. Les maux qu’il manie se tairont. Et d’ainsi libérer celle par qui le verbe se meut » récita-t-elle fièrement.
— Ah. Fascinant. Et qu’est-ce à dire ? s’enquit tout de même Asphyx, las.
— Ce n’est pas évident ? Il vous faut encontrer cette chose verte. Elle seule vous soulagera du marteau. De cette couleur, ce doit être une plante… ou bien une personne malade !
Asphyx ne jugea pas indispensable de lui rappeler qu’au sein d’une forêt, les plantes se trouvant être vertes faisaient légion. Mais après s’être répété maintes fois la fameuse prédiction en pensée, la dernière phrase l’avait quelque peu ennuyé.
— « Et d’ainsi libérer celle par qui le verbe se meut. » C’est de vous dont il s’agit ! Ainsi vous voulez être libérée à présent ? Et libérée de quoi puisque vous êtes mon invitée ?
— Vous vous méprenez, mon Asphyx. L’envie de vous quitter m’est totalement étrangère !
Et ses joues de rosir alors qu’elle brandissait une nouvelle fois ce regard dont les princesses devaient détenir le secret. Un savant mélange de pudeur et innocence teinté de rébellion.
— Vous ne m’aurez point cette fois-ci ! Je m’en vais de cette aile vérifier si par « ingrat vert », il faut que je me frotte les gencives à quelques buissons d’ortie.
Et de s’envoler en quelques battements hâtifs.
Sous-alimenté et rongé de désespoir, ce fut les écailles ternes et l’œil décomposé qu’Asphyx s’éleva vers les sommets voisins. Quand il voulait s’aérer l’esprit, c’était le lieu idéal. Le vent y soufflait si bien et fort que ses noires pensées s’en trouvaient balayées.
Pour sûr, le prochain nain qui croiserait son chemin serait calciné proprement et sans autre forme de complication ! Il en venait presque à envisager qu’il lui faudrait s’arracher des dents par quelque sinistre moyen qu’il n’osait encore imaginer. Ses crocs repousseraient, évidemment. Mais qu’y pouvait-il si sa dentition était si sensible ? Des larmes sourdaient de ses yeux à la simple pensée qu’on tourmentât ainsi ses mâchoires.
Survolant une crevasse, il lui sembla percevoir du mouvement dans ses profondeurs. Si quelque animal s’y était piégé, la logique demandait qu’on allât le dévorer. Un tas de chair délaissée et pourrissante n’aurait d’utilité qu’à la vermine grouillante des insectes.
Il se posa sur la rocaille avec la douceur coutumière des dragons, faisant littéralement tressaillir la montagne. Cela n’empêcha point la créature prisonnière d’agonir la paroi de rudes coups. En y glissant un œil, Asphyx ne fut pas étonné d’y apercevoir un orque. Leur finesse d’esprit n’avait d’égale que leur beauté ravageuse. Une délicate peau couturée de cicatrices mettant en relief les quelques verrues et furoncles qui grêlaient leur épais cuir vert.
Vert ? Scarlett avait peut-être raison. Le soulagement pourrait bien venir de ce malséant produit de la nature. « L’ingrat vert », cela coïncidait assez pertinemment !
— Mes salutations, messire orque. Seriez-vous, d’aventure, coincé en cette crevasse ? Puis-je vous proposer mon assistance pour en sortir ?
Le ton d’Asphyx se voulait des plus cordiaux. Il lui fallait bien ménager celui qui serait son libérateur.
— Glurp pas coincé ! Montagne bientôt abandonner combat !
Et de fait, il continua de cogner contre la roche qui osait s’élever contre lui. Asphyx réalisa que le crâne de l’orque était recouvert d’entailles. Lorsqu’un bloc se détacha de la paroi pour se fracasser quelques mètres plus bas sur la tête ensanglantée de celui-ci, il comprit pourquoi.
— Ne voyez-vous point que la falaise va vous écraser pour de bon ? Vous finirez enseveli et mort sans raison sous des brassées de granit si vous vous acharnez encore… ou dans le meilleur des cas, les bras rognés jusqu’au coude.
Constatant qu’il ne réagissait guère, le dragon tenta une approche différente.
— Glurp mourir si continuer ainsi ! Montagne bientôt l’avaler ! Mais Asphyx pouvoir aider Glurp à sortir.
L’orque, plus familier à ce langage, cessa enfin pour examiner plus en détail son interlocuteur.
— Asphyx donner parole pas manger Glurp ? Dragons gros appétit, mais Glurp enfants à nourrir.
— Oui, je saurai me tenir si vous parvenez à me retirer cette damnée ferraille d’entre les dents !
Glurp parut perplexe. Inexplicablement, les paroles du dragon pouvaient aussi bien être limpides telle l’eau du torrent que fuligineuses comme les ténèbres d’un antre. Asphyx réalisa son erreur et rectifia :
— Oui, donner parole ! Mais avant Glurp enlever marteau coincé entre dents du fond !
Pour joindre geste à ses dires, il lui montra de la griffe l’emplacement précis dudit objet maléfique dans sa gueule béante.
— D’accord ! répondit aussitôt l’orque. Puisque dragon donner parole.
Asphyx ne s’était assurément pas attendu à réponse positive si prompte. Cette espèce d’humanoïde semblait prêter une importance démesurée aux promesses. Que ce fût un comportement digne d’honneur ou des plus irréfléchis et naïf lui importait peu pour l’heure.
L’ouverture étant très étroite, il dut resserrer les côtes et ne gonfler ses poumons que partiellement. Il désescalada la paroi de quelques mètres seulement, glissa son long cou serpentin et posa la tête au sol. Les mâchoires entrebâillées, il se tenait prêt à libérer son souffle igné à la moindre incartade. Mais malgré sa démarche bourrue, Glurp ne montra aucune velléité malveillante. Il fallut cependant force bravoure et détermination à Asphyx pour réprimer la bile qui cherchait à jaillir de sa gorge lorsque les pieds nus de l’orque entrèrent en contact avec sa langue. C’était pour son bien, il devait se contenir.
Les mains vertes et rugueuses se saisirent de la tête du marteau avec fougue et fermeté.
— Glurp trouver joli casse-crâne ici. Pratique pour manger cervelle et moelle. Glurp garder ?
Faute de le broyer entre ses crocs, Asphyx ne put lui faire montre de son assentiment qu’en gémissant :
— Hin-hin !
Et fier de sa future acquisition, l’orque tira de bon cœur. Il avait cependant mésestimé la viscosité de la bave recouvrant l’objet et glissant en arrière, s’était étalé de tout son long sur la langue d’Asphyx. Celui-ci, les larmes aux yeux ne put retenir son estomac d’épancher son contenu sur son invité buccal. Glurp pas plus dérangé que cela, rabattit quelques morceaux de viande encore peu digérés de son visage vers sa bouche. Et, dégoulinant de vomissures, de se remettre à la tâche.
Ce fut empli d’un soulagement sans nom qu’Asphyx sentit le manche de l’arme haïe s’extraire d’entre ses crocs. Quelques minutes auparavant, il n’aurait espéré issue si chanceuse. Puis respectant son serment il recula hors de la crevasse et déposa sa gueule ouverte sur la terre ferme. Heureux comme un troll retrouvant son gourdin, l’orque foula enfin le sol rocailleux, libéré des entrailles de la montagne. Asphyx, lui, put enfin user de la parole :
— Merci Glurp. Toi être un orque très fort.
Celui-ci parut se renfrogner.
— Glurp pas mâle, mais femelle orque ! Glurp très forte et remercier dragon pour joli marteau casse-crâne !
Confus, Asphyx la regarda s’éloigner – puisqu’il s’agissait d’Une orque – au travers des buissons épineux d’altitude. Il connaissait peu les humanoïdes de son espèce, mais il se serait attendu à plus nette différence entre les individus mâles et femelles. Une peau de bête lui recouvrait la poitrine, ce qui était sûrement l’origine de sa méprise, en plus d’une musculature imposante, d’une apparence disgracieuse et d’un penchant certain pour la violence. Une terrible question l’accabla soudain : et si tous les orques qu’il avait vus jusque-là n’étaient que des femelles ? A quoi pouvaient donc ressembler les mâles ? Il eut quelque peine à les concevoir plus rustres et sots.
Il ne se tourmenta guère plus longtemps sur cette question insignifiante et prit son envol pour rejoindre sa caverne où Sa tendre Princesse devait l’espérer, alanguie d’amour pour lui. A moins qu’il n’idéalisât la situation ?
— — —
Sur le chemin du retour, Asphyx ne put s’empêcher de fondre sur un malheureux gnou des montagnes. Une chair ô combien savoureuse dans laquelle il croqua à pleines dents, faisant fi de mâcher ne serait-ce qu’une fois. Pouvoir engloutir de nouveau comme il se devait fit battre ses cœurs d’une douce euphorie tandis qu’il reprenait son vol à tire-d’aile.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il aperçut Sa Princesse devisant avec un parfait inconnu sur le seuil de Sa grotte ! Encore un importun qui venait la lui ravir ? Cette fois, il prit le plus grand soin de se poser silencieusement dans le dos de l’intrus. Intrus qui ne put s’empêcher de sursauter faiblement quand Scarlett l’apostropha :
— Ah, Asphyx ! Vous choyez à point nommé ! Ce pauvre Eléloïm semble égaré. Il est en quête d’un certain lieu-dit nommé le dépôt de troll.
Ledit personnage se tournant vers Asphyx commença de répondre :
— Que non point, messire. Il y a méprise, je cherche juste d-des…
Puis se pétrifia comme boue au soleil en réalisant qu’il était face à un dragon.
Et la princesse, visiblement confuse, d’ajouter :
— Venez-vous de Verteroche Eléloïm ? Votre prénom m’est évocateur…
Celui-ci n’osa émettre le moindre son, ni esquisser le plus infime geste. Fait ô combien stupéfiant, cette proximité excessive avec un dragon l’incommodait. Asphyx, lui, palpait avec délectation cette tension d’effroi qu’il s’ingénia à entretenir de par son mutisme.
Sa physionomie l’intrigua. Il avait aperçu suffisamment d’elfes pour déceler leur sang dans cet être. Mais une part humaine se disputait également ce corps. Un corps grand et svelte, au teint verdâtre et la peau parsemée de bourgeons ou de jeunes pousses. Il s’astreignait, semblait-il, régulièrement à arracher celles qui atteignaient une taille excessive. Sinon, se dit Asphyx, à ce rythme-là, la pauvre créature aurait déjà l’aspect d’un buisson ambulant.
— Ainsi donc tu es ce fameux Eléloïm de Grissylve qui s’estime le droit d’espionner les dragons ! Cependant, tu as omis ce jour de t’oindre d’excréments. Voilà qui est pour le moins fâcheux. Aurais-tu quelques insignifiantes velléités avant que le trépas ne te glaçât ? Ou, plus exactement, ne te rôtisse ?
Ce fut à dessein qu’il avait fait usage de cet injurieux tutoiement. Il n’entendait pas fraterniser avec lui. Eléloïm ne connaissait que trop bien les dragons et ce ne fut pas sans raison que des spasmes d’épouvantes le firent légèrement bégayer quand il répondit :
— Je-je… Ne me tuez p-pas, je vous en prie. Je-je pourrai vous en apprendre plus sur vous m-mêmes, les dragons. Su-sur la magie et…
— Que m’importe la magie, quand je puis cracher un feu que les plus puissants sorciers me jalousent ?
Le demi-elfe remuait ses pensées avec une vélocité rare, motivé par son seul espoir de survie.
— V-vous deviendrez pl-plus puissant que vos congénères. Plus puissant même que les dragons millénaires !
Asphyx savait depuis le début qu’il lui raconterait tout ce qu’il désirait. Mais le plaisir jubilatoire de le voir frémir un peu plus, comme une feuille au vent, ne se refusait pas.
— Bien, admettons que tu aies une infime chance de demeurer en vie. Il faudrait pour cela que tu partages avec moi tout ce que tu sais sur ceux de mon espèce. Je dis bien tout et dans le plus grand détail, rampant !
Et de fait, il se lança dans un récit complet sur les différentes observations qu’il avait faites au cours de son périple. Les informations bien plus riches recoupaient celles que Scarlett avait lues dans la lettre chapardée au pigeon voyageur. Il avait visité pas loin d’une vingtaine d’antres habités, la moitié d’entre eux comportant des couvées de dragonnets.
Les grandes lignes lui paraissaient évidentes, mais lorsqu’il aborda le sujet de la magie s’exprimant par instinct chez les dragons, Asphyx eut un regain d’intérêt. Eléloïm prétendait même qu’il lui serait possible de prouver ses dires en soumettant un dragon à de simples exercices de sorcellerie. Il n’était pas sorcier lui-même et ne pourrait donc enseigner cet art à Asphyx, mais il pouvait mettre en avant la présence du savoir magique endormi.
— Et quels sont ces tests ? Nous serons fixés ?
— J-je… Il me faudrait da-davantage de temps pour rassembler q-quelques ingrédients et au-aussi des…
— Suffit ! l’interrompit-il.
Le verbiage incessant et bégayant de ce rampant effrayé devenait lassant. Aussi Asphyx décida-t-il d’abréger son calvaire qui n’avait que trop duré.
— Bon. Tu peux cesser de trembler, demi-elfe, je t’accorde le droit de vivre.
Un éclair de soulagement transforma le visage d’Eléloïm. Le vert fade et maladif de son teint devint soudain frais et coloré. Mais son corps continua de tressaillir.
— J-je ne tremble pas de peur – enfin pas seulement. J-je fais une crise de carence. C’est ce d-dont je devisais avec votre amie Scarlett a-avant que vous n’arriviez. Il me faut des ch-champignons.
— Un besoin fort étrange s’il en est… Tu peux aller mirer derrière ces chênes-ci, indiqua Asphyx de la griffe. J’ai cru entendre à tes dires que quelques déjections ne t’incommodaient point. Elles sont recouvertes de ces moisissures que tu affectionnes.
— Ce sont des peaux de t-troll que je cherche en p-particulier. Un champi-pignon riche en oligoéléments et…
— Fort bien ! Va donc voir, ton phrasé m’insupporte !
Et le demi-elfe de se précipiter dans le couvert de la sylve.
Alors que Scarlett complimentait Asphyx sur sa dentition enfin débarrassée de ses déchets de nain, Eléloïm revint, les bras chargés de champignons larges et plats. Leur surface terne et ridée évoquait en effet parfaitement la peau d’un troll. Tandis qu’il en croquait un, celui-ci se réjouit :
— L’endroit en regorge effectivement ! Et d’autres tout aussi succulents ! Des orteils d’orque, des écailles rancies et même des trompes d’hippomouth. Je n’en avais jamais trouvé moi-même ! Vous rendez-vous compte ? Des trompes d’hippom…
— Oui, certes, fantastique ! Mais, vois-tu, les moisissures n’éveillent en moi nul appétit. Je ne prise guère que la chair, sanguinolente ou cuite à point c’est égal, mais fraîche !
Il découvrit un instant ses crocs pour que son interlocuteur pût les admirer.
— J’escompte donc pour toi que tu ne m’aies point conté de fables sur ces prétendues aptitudes magiques que j’aurais.
— Nenni mon seigneur dragon. Je vais de ce pas vous quérir les ingrédients nécessaires aux expériences.
A chaque parole, il postillonnait des morceaux de champignons.
— Bien, mais reste à proximité. Tu as assez étudié les dragons pour savoir que leur odorat est infaillible. Je connais ton odeur et celles des excréments dans lesquels tu t’ébaudis.
— Ne craignez rien, je ne manquerais cette chance qui m’est donnée sous aucun prétexte ! Qui pourrait en effet se targuer d’avoir mené des expériences avec un dragon, vivant, et sans que ce dernier ne l’incinérât ? L’heure est historique en vérité !
Asphyx, à court de patience, s’allongea, paupières closes, sur la roche gorgée de soleil, ce qui mit un terme à cette discussion navrante. Tout ceci se révèlerait avoir été un moindre mal, lorsqu’il userait de magie à volonté, se consola-t-il. Le demi-elfe disparut derechef dans l’épaisse forêt en quête de ses fameux ingrédients.
Ce fut le moment que choisit Scarlett pour revenir à la charge :
— Mon tendre Asphyx, maintenant que vous n’avez plus ce vil marteau coincé entre les dents, vous pensez que vous pourriez apporter quelque nourriture à une pauvre princesse éplorée qui n’a que trop dégusté de fruits des bois ?
Elle l’affligea bien évidemment de son regard coutumier empreint d’innocente candeur.
Après tout pourquoi pas, se dit Asphyx en se levant. Il lui semblait avoir vu roder une loutre à dent de sabre près de sa mare à truites. S’il ne s’en débarrassait pas, il n’y aurait bientôt plus guère de poissons à pêcher et elle ferait un excellent repas à Sa Princesse.
Si rocher résister,
Juste taper plus fort.
Proverbe orque
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